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Running-gag: May pourrait revenir à Bruxelles. Pour entendre que l'Europe ne lâchera rien

30 janvier 2019

Theresa May est renvoyée à Bruxelles par le Parlement britannique pour renégocier un accord de Brexit ... que l'Union européenne ne veut tout simplement pas. C’est la conséquence d’une nouvelle série de votes "cruciaux" hier soir à la Chambre des communes. Une histoire qui se transforme en un mauvais running-gag.

Une majorité au Parlement britannique s'est opposée mardi soir au fameux "backstop". L'amendement Brady demande que le plan soit remplacé par un autre arrangement afin d'éviter une ligne de démarcation entre l'Irlande qui est membre de l'UE et l'Irlande du Nord, constitutive du Royaume-Uni.

L’amendement a obtenu une majorité de seize voix. La première ministre, Theresa May, avait demandé aux parlementaires de voter en faveur de la proposition afin qu'elle soit mandatée pour renégocier le problème des frontières à Bruxelles.

En définitive, peu de choses ont changé. Nous sommes de retour là où nous étions il y a deux semaines. Et il y a deux ans. May a reçu le soutien nécessaire d'un groupe de parlementaires conservateurs qui ont voté contre lors du vote sur l'accord initial le 15 janvier dernier. L'accord, négocié pour deux ans, a ensuite été rejeté à une large majorité.

"Un vote pour l'amendement Brady est un vote offrant à la Première ministre l'occasion de montrer qu'elle trouve un accord qui nous convient. Dans le cas contraire, nous ne nous sentons pas obligés", a fait savoir le groupe.

La victoire?

Ce résultat est perçu comme une petite victoire pour la Première ministre May, car il lui permet de gagner du temps. Elle rappellera à l'UE que le Parlement la soutient dans sa tentative de briser l'accord de sortie. Après la séance, elle a déclaré qu'il était désormais possible de parvenir à une majorité solide à la Chambre des communes afin de trouver un nouvel accord.

Mais le président du Conseil européen, Donald Tusk, a annoncé immédiatement après le vote que le "backstop" faisait partie de l'accord et qu'il ne pouvait pas être renégocié. L'accord reste le meilleur et le seul moyen d'assurer le départ des Britanniques de l'Union européenne, a-t-il déclaré via un porte-parole. Le gouvernement irlandais est du même avis que lui.

Le backstop est la partie de l'accord de Brexit initial qui traite du maintien d'une frontière ouverte entre l'Irlande et l'Irlande du Nord après la sortie du Royaume-Uni. C'est important pour l'UE et les Britanniques, mais les Britanniques ne veulent pas d'une frontière telle que l'accord le définit. Ils veulent arranger les choses différemment, mais n’ont encore proposé aucune alternative.

Spelman et Cooper

La Chambre des communes a également adopté l'amendement Spelman, dans lequel le gouvernement est appelé à exclure un "Brexit No-Deal". Mais il n’indique pas comment le gouvernement pourrait être contraint de le faire. La victoire était étroite: 318 pour et 310 contre. La Première ministre May était contre. Un accord avec l'UE est le seul moyen d'obtenir un "Brexit No-Deal".

Cinq autres amendements n'ont pas été acceptés. L'un d'eux comprenait l'appel de la député travailliste Yvette Cooper à établir légalement que le Brexit ne pouvait pas se déboucher sur un non-accord. La proposition consistait à reporter la date du Brexit, prévu pour le 29 mars, si aucun accord n'était trouvé à la Chambre des communes le 26 février. 298 parlementaires ont voté pour l'amendement Cooper, 321 contre.

Pour résumer: le Parlement britannique a donc décidé, à une petite majorité, de ne pas quitter l'UE sans accord, sauf que ce même Parlement ne souhaite pas reporter le date de sortie du 29 mars. Et l’Europe n'accepte aucun autre accord que celui qui a déjà été négocié, accord que les Britanniques ne veulent absolument pas. Bref, on n'avance pas et May gagne du temps.

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