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L'école buissonnière pour le climat ouvre ses portes un peu partout dans le monde

7 février 2019

Ce jeudi, des milliers d'étudiants belges vont à nouveau envahir les rues des plus grandes villes du pays pour manifester pour le climat. Plus les semaines passent, plus ce mouvement spontané prend de l'ampleur et fait des émules. On peut désormais parler d'une action internationale. En Suisse, en Scandinavie, aux États-Unis, tous sèchent les cours pour s'assurer un avenir meilleur. 

Pour la cinquième semaine consécutive, les étudiants belges envahissent les rues des villes belges ce jeudi. Ils quittent ainsi les bancs de leur école pour retrouver le bitume et les pavés. Du jamais vu pour notre pays, mais ce mouvement est loin d'être un cas isolé. Des milliers de jeunes font l'école buissonnière aux quatre coins du monde: en Suisse, Australie, Allemagne et bien sûr en Scandinavie, là où tout a commencé.

Tout commence en Suède...

Ce mouvement international, on le doit à la jeune Greta Thunberg, 16 ans, qu'on ne présente plus. Elle a commencé à sécher les cours tous les vendredis pour se poster avec ses pancartes devant le parlement suédois à Stockholm. Trois discours plus tard (à l'ONU, COP24 et forum de Davos) , la voila connue dans le monde entier et ambassadrice d'un mouvement planétaire.

En Scandinavie, le mouvement a tout de même du mal à se lancer et n'est pas aussi important qu'en Belgique. Mais vendredi dernier, le 1er février, des étudiants ont séché les cours un peu partout: Danemark, Norvège, Suède, Finlande, Groenland et même aux Îles Féroé.

Essoufflement en Australie

Les Australiens étaient parmi les premiers à brosser les cours. À la fin du mois de novembre, ils posaient un lapin à leurs profs pour envahir les rues malgré les menaces du Premier ministre australien Scott Morrison qui leur demandait de rester à l'école pour apprendre. Les écoliers avaient répondu à leur manière: "Nous tirons également des leçons de cette action, même si c'est pendant les heures de classe! Nous ne pouvons pas rester immobiles tant que nous n'aurons pas l'âge de voter."

Ces jeunes ont promis de continuer leurs actions tant que des mesures ne seront pas prises mais malheureusement, aucun rassemblement majeur n'est à signaler depuis plusieurs semaines. Pourtant, rien n'a été mis en place par le gouvernement australien.

Ça prend forme en Allemagne

Les Allemands ont été plus lents à se décider. Mais désormais, le mouvement prend de l'ampleur chez nos voisins. Ça a d'abord commencé par des poignées d'élèves qui séchaient les vendredis et petit à petit, ces petits groupes se sont transformés en foule: la semaine dernière, ils étaient des milliers à se mobiliser. Ce mouvement nommé "Schwänzen" ("absentéisme" en allemand) est dirigé, entre autres, par un certain Jakob Blasel, 18 ans, originaire de Kiel dans le nord du pays. Chez nos voisins, il est loin d'être un inconnus vu qu'il a déjà participé aux talk show les plus célèbres d'Allemagne et qu'il est un conférencier aguerri.

Le jeune garçon était d'ailleurs présent au bureau du ministre des Affaires économiques le jour où une réunion importante se tenait concernant la fermeture de centrales à charbon. Ce jour-là, une foule d'étudiant s'était massée devant le ministère, à Berlin. Ils exigent en effet la fermeture rapide de toutes les centrales à charbon du pays.

Chez nos voisins néerlandais, la mobilisation commence à prendre forme. Ce jeudi, 10.000 étudiants se sont rassemblés dans la capitale administrative du pays: La Haye. Selon les organisateurs, ils étaient 30.000. Difficile pour le moment de se mettre d'accord sur un chiffre.

La Suisse plus si neutre

Au sud de Berlin, en Suisse, le mouvement a commencé dès le mois de décembre. Ces deux dernières semaines aussi, des dizaines de milliers d'étudiants descendaient dans les rues de ce pays neutre, mais en matière de climat visiblement.

Malgré tout, ils restent plus sages que leurs congénères étrangers. Ils avaient en effet commencé à manifester le vendredi mais désormais, les Suisses se rassemblent le samedi pour continuer à suivre leurs cours.

Un mouvement qui survole l'Atlantique, sans kérosène

De l'autre côté de l'océan, c'est le même combat. Chez l'Oncle Sam, c'est une fillette de 13 ans, Alexandria Villasenor, qui a éveillé les conscience. Comme Greta Thunberg, elle s'est postée devant le siège des Nations Unies. Elle ne veut pas s'arrêter là puisque, avec l'aide d'organisations environnementales, elle compte bien organiser un gigantesque rassemblement le 15 février prochain, un vendredi. On ne sait toujours pas si cet appel sera suivi ni si les écoles américaines laisseront les élèves rejoindre la fillette dans les rues de New York.

Mais les États-Unis commencent à avoir l'habitude des manifestations pour le climat. Depuis l'élection de Donald Trump, de tels rassemblements se font de plus en plus fréquents compte tenu du scepticisme du président face au réchauffement climatique et de ces différentes mesures qui ont annulé celles introduites par son prédécesseur Barack Obama. Cela concerne évidemment le retrait de l'accord de Paris des États-Unis.

En France, les Gilets jaunes font la une

Au Royaume-Uni, les choses commencent aussi à se mettre en place. Une grande marche est d'ailleurs organisée le 15 février prochain à Londres. En Ecosse, une autre jeune fille, Holly Gillibrand, montre l'exemple. Depuis 4 semaines, elle brave le froid écossais pour manifester, parfois seule, parfois accompagnée, armée de ses pancartes en carton. Enfin, à Dublin, plusieurs centaines de jeunes se sont réunis durant le mois de janvier devant le parlement irlandais.

En France par contre, les Gilets jaunes monopolisent l'attention. Une pétition a vu le jour pour demander au gouvernement d'agir pour le climat. Plus de 2 millions de personnes l'ont signée. À part ça, plusieurs rassemblements ont eu lieu un peu partout à travers le pays le 27 janvier dernier, mais ce n'étaient pas des étudiants qui en étaient à l'origine comme en Belgique. En conclusion, ce mouvement estudiantin fait des émules un peu partout dans le monde et risque bien de continuer tant que les choses ne bougent pas.

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