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Donald Trump demande des comptes à Theo Francken sur les visas humanitaires et Twitter devient une cour de récré 

6 avril 2019

Pour une fois, Donald Trump n'a pas utilisé Twitter pour demander des comptes. Dans un courrier adressé au gouvernement fédéral, le président américain demande des explications sur les visas humanitaires que Theo Francken a délivré à 1.502 ressortissants syriens. L'occasion parfaite pour troller l'ex-secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration sur Twitter. 

Ce samedi, le gouvernement fédéral a reçu une lettre de l'administration de Donald Trump. Cette dernière demande des comptes à Theo Francken à propos des 1.502 visas humanitaires délivrés par l'ex secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration à des ressortissants syriens. Une information délivrée par les quotidiens flamands Het Belang van Limburg, Gazet van Antwerpen et Het Nieuwsblad.

Rappelons les faits: au début de l'année, Theo Francken tombait sous le feu des critiques quand une enquête de l'Office des étrangers révélait que l'ex-secrétaire d'Etat avait délivré 1.502 visas humanitaires à des ressortissants syriens. Là où ça se complique, c'est que l'enquête démontrait que 121 de ces Syriens demeurent introuvables dont au moins 107 figuraient sur une liste de l'intermédiaire le plus connu dans cette affaire, Melikan Kucam (N-VA).

Qu'est-ce que les États-Unis ont à voir la dedans?

À première vue, on peut se demander pourquoi une grande puissance comme les États-Unis s'intéresse aux affaires d'un petit pays comme la Belgique. En fait, Donald Trump n'est pas un grand fan de la politique européenne en matière d'immigration. Or, s'apercevoir que plus de 100 syriens sont perdus dans la nature, ça inquiète les Américains qui pourraient les voir débarquer sur leur territoire puisque la Belgique fait partie des 50 pays "privilégiés" dont la population n'a pas besoin de visa pour se rendre sur le sol américain.

Ramdam sur les réseaux

Une telle histoire est une aubaine pour les adversaires de la N-VA et de Theo Francken. Alors, la présidente de l'Open VLD n'a pas hésité une seconde avant de tweeter personnellement le président américain: "Cher Donald Trump, notre nouvelle ministre des Migrations et de l'Asile, Maggie De Block, est une dirigeante stricte mais honnête. Elle a immédiatement fermé la porte à de telles pratiques pour la distribution des visas humanitaires et a ouvert une enquête officielle."

Il n'en fallait pas plus pour faire réagir Theo Francken qui a la gâchette facile sur Twitter: "Monsieur le président, ne croyez jamais les libéraux: ils étaient les plus grands fans d'Hillary Clinton. D'ailleurs, avez-vous déjà rencontré Guy Verhofstadt?" Le tout agrémenté de quelques emojis pour rendre ça plus rigolo. Dans la foulée, il publie un nouveau tweet avec une capture d'écran d'un autre tweet signé Alexander De Croo (Open VLD) pour le dénoncer d'avoir qualifier le président américain de "bête de foire" en ajoutant "ne les croyez pas, ils vous détestent". Bref, ça vole pas très haut et le microcosme de la politique belge sur Twitter ressemblait plus à une cour de récré qu'autre chose. Les tweets de citoyens se sont multipliés pour leur demander d'arrêter leur gamineries en expliquant qu'ils faisaient honte à la Belgique.

En attendant, Theo Francken a assuré qu'il n'était pas au courant de cette lettre envoyée par les États-Unis et tacle par la même occasion le gouvernement minoritaire. Bref, tout ça n'est pas trop glorieux et le fond du problème est éludé par une gueguerre entre partis flamand sur les réseaux sociaux.

Voici le tweet de Theo Francken qui se mue en cafardeur des coures de récré

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